🐓 La plus française des équipes australiennes !

Regardez attentivement le maillot des Sydney Roosters.
Du bleu marine, du blanc, du rouge… et surtout ce fameux « V » qui traverse la poitrine.
Une tenue qui peut rappeler quelque chose aux amateurs du XIII français. Et ce n'est pas un hasard : les Roosters reconnaissent eux-mêmes que leur maillot moderne trouve une partie de son origine dans celui de l'équipe de France.
Pour comprendre cette histoire, il faut remonter au début des années 1950.
À cette époque, le club de Sydney s'appelle encore Eastern Suburbs, souvent appelé simplement Easts. Son maillot est alors constitué de bandes rouges, blanches et bleues.
En 1952, deux joueurs d'Easts, Ferris Ashton et Col Donohoe, partent en tournée en France avec les Kangaroos australiens.
Le maillot français utilise ses trois couleurs rouge, blanc et bleu d'une manière différente. Les couleurs sont entrelacées, notamment autour du col et du « V ».
Ferris Ashton expliquera plusieurs années plus tard que cette tenue française avait attiré leur attention. Mais il y avait aussi une raison très pratique : le vieux maillot à rayures d'Easts perdait de sa netteté après de nombreux lavages.
Deux ans après cette tournée, l'idée fait son chemin.
En 1954, Eastern Suburbs abandonne son ancien maillot à rayures et adopte une nouvelle tenue fortement inspirée du maillot français.
Le club conserve évidemment ses couleurs historiques : rouge, blanc et bleu marine.
Mais désormais, le bleu marine devient beaucoup plus présent et le célèbre « V » rouge et blanc apparaît sur la poitrine.
C'est cette silhouette qui va progressivement devenir l'une des signatures visuelles d'Easts… puis des futurs Sydney Roosters.
Ferris Ashton et Col Donohoe découvrent le maillot français pendant la tournée des Kangaroos.
Eastern Suburbs adopte un nouveau maillot principalement inspiré de celui de la France.
Le club décide d'adopter officiellement le coq porté par l'équipe de France comme emblème.
Le surnom « Roosters » s'impose et le fameux coq apparaît sur le maillot.
C'est ici que l'histoire devient encore plus étonnante.
Le maillot n'est pas la seule chose qu'Easts va emprunter à la France.
L'équipe de France était alors associée au coq français. Dans les documents et publicités de l'époque, les Français étaient notamment désignés sous le nom de « Les Chanticleers ».
L'idée du coq va progressivement devenir associée à Eastern Suburbs, jusqu'à donner naissance au surnom que nous connaissons aujourd'hui : the Roosters.
Cette fois, il ne s'agit plus simplement d'une ressemblance ou d'une interprétation.
Les archives des Roosters indiquent que, le 20 décembre 1966, le club décide officiellement d'adopter comme emblème le coq porté par l'équipe de France de Rugby à XIII.
Le document précise que le Rooster « as worn by the French Rugby League Team » doit devenir l'emblème officiel d'Eastern Suburbs.
La décision est adoptée à l'unanimité.
En 1967, le coq devient officiellement associé au club. Un premier logo est créé avec un coq rouge, blanc et bleu posé sur un ballon.
Puis, en 1968, le célèbre emblème du Rooster apparaît sur le maillot de l'équipe.
Le club qui s'appelait depuis des décennies Eastern Suburbs possède désormais l'identité qui deviendra celle des Sydney Roosters.
Quand on regarde aujourd'hui le maillot des Sydney Roosters, on pense naturellement à l'un des clubs les plus célèbres de la NRL.
Pourtant, derrière ce maillot bleu marine frappé du « V » rouge et blanc, il existe une étonnante histoire française.
Une tournée en France en 1952.
Un maillot français observé par deux joueurs australiens.
Un nouveau maillot adopté en 1954.
Puis un coq français choisi comme emblème en 1966.
Une petite part de l'histoire du XIII français voyage donc depuis plus de 70 ans… jusqu'à Sydney. 🇫🇷🐓🇦🇺
Sydney Roosters – archives officielles du club, histoire du maillot et origine du Rooster.
🏉 Quand le XIII, le XV et l’Aussie Rules se disputent le pays

À près de 18 000 kilomètres de la France, l'Australie est un immense pays, environ quatorze fois plus grand que l'Hexagone.
Et dans ce vaste pays, trois sports utilisent une balle ovale : le football australien, le rugby à XIII et le rugby à XV.
Pour comprendre le sport australien, il faut donc oublier une chose : ici, le rugby à XV n'est pas seul sur le terrain.
Les Australiens utilisent volontiers le mot « guerre » lorsqu'ils parlent de cette concurrence entre les trois sports.
Chaque année, à la fin du mois de février, lorsque l'été austral commence à laisser place à l'automne, la saison démarre presque simultanément.
| Sport | Nom utilisé en Australie |
|---|---|
| Football australien | Aussie Rules |
| Rugby à XIII | Rugby League |
| Rugby à XV | Rugby Union |
Pendant plusieurs mois, les trois sports occupent les stades et les écrans de télévision. Les journaux sportifs leur consacrent également une grande place.
Le football australien bénéficie notamment de la taille gigantesque des terrains de cricket, utilisés pour ses rencontres.
Pendant ce temps, le cricket, pourtant sport historique du pays, passe temporairement au second plan.
Au milieu de cette concurrence, un élément réunit les trois disciplines : la balle ovale.
Pour lui, cette histoire aurait contribué à développer un goût pour l'effort physique, l'aventure et l'imprévu.
Et quoi de plus imprévisible qu'une balle ovale qui peut rebondir dans toutes les directions ?
En Australie, le football australien occupe une place particulière.
Rapide, physique et spectaculaire, il est devenu au fil du temps le sport national le plus populaire dans plusieurs régions du pays.
Il possède une histoire typiquement australienne. Il serait notamment inspiré de pratiques venues du football gaélique irlandais, mais il a été développé en Australie selon des règles propres au pays.
Dans certaines grandes villes comme Melbourne, Perth ou Adélaïde, le football australien occupe une place considérable dans la vie sportive locale.
Le rugby à XIII et le rugby à XV doivent donc composer avec ce concurrent extrêmement populaire.
La concurrence ne se joue pas uniquement dans les stades. Elle se déroule également chaque week-end devant les téléviseurs.
Le dimanche, les chaînes australiennes peuvent diffuser successivement deux ou trois matchs de football australien.
Chaque rencontre dure longtemps et les retransmissions sont accompagnées de nombreuses coupures publicitaires.
Dans ce contexte, le rugby à XV occupe une place beaucoup plus réduite dans certains médias australiens.
Une bonne performance d'une grande vedette peut cependant attirer l'attention et provoquer quelques articles.
Le rugby à XIII occupe lui aussi une place importante dans cette compétition entre sports.
Dans l'imaginaire présenté par le texte, le XIII se distingue notamment par son rythme, ses contacts et son intensité physique.
C'est également un sport très populaire dans plusieurs régions de la côte Est, notamment autour de Sydney et Brisbane.
Le rugby à XIII compte ainsi davantage de pratiquants que le rugby à XV dans le contexte décrit par l'article.
Le rugby à XV est donc le plus petit des trois grands sports de balle ovale en termes de pratiquants dans le texte présenté.
La grande région du XV australien se situe principalement sur la côte Est, autour de Canberra, Sydney et Brisbane.
Rugby à XIII : puissance, rythme et agressivité dans les contacts.
Rugby à XV : stratégie, tactique et organisation collective.
Cette « guerre des trois » ne signifie pas que les sports s'ignorent. Au contraire, ils s'observent et cherchent à récupérer ce que les autres savent faire de mieux.
Le rugby à XV australien essaie notamment de s'inspirer du football australien pour améliorer la vitesse et l'adresse de ses joueurs.
Il observe également le rugby à XIII pour progresser dans les domaines du plaquage, du combat et de l'engagement physique.
Le XIII affiche sa puissance et son rythme.
Le XV mise davantage sur la stratégie.
🏉 Super League : le jour où Murdoch a défié le XIII australien

Au début de l'année 1996, le rugby à XIII australien est plongé dans une bataille qui dépasse largement les terrains.
D'un côté, l'Australian Rugby League (ARL), qui contrôle le rugby à XIII australien depuis 1908.
De l'autre, un projet totalement nouveau : la Super League, soutenue par le puissant homme d'affaires et magnat de la presse Rupert Murdoch.
Le groupe de presse de Rupert Murdoch, News Ltd., veut créer une nouvelle compétition professionnelle appelée Super League.
Le projet est financé à hauteur d'environ 75 millions de dollars.
Le slogan choisi résume l'ambition :
L'idée est de réunir les meilleurs clubs et les meilleurs joueurs dans une nouvelle compétition professionnelle.
La Super League doit réunir huit grands clubs de l'ARL, auxquels doivent s'ajouter deux nouvelles équipes.
| Clubs issus de l'ARL | Nouvelles équipes |
|---|---|
| Bulldogs de Sydney | Adelaide |
| Brisbane | Hunter Mariners |
| Canberra | |
| Cronulla | |
| Penrith | |
| Western Reds | |
| Auckland | |
| North Queensland |
Le lancement de la Super League est prévu pour le 1er mars 1996.
Mais juste avant le coup d'envoi, le projet est stoppé par le tribunal fédéral d'Australie.
Pour l'ARL, cette décision constitue une victoire importante.
Pour la Super League, en revanche, le lancement prévu est désormais directement menacé.
News Ltd. ne renonce pas.
Le groupe de Rupert Murdoch fait appel de la décision et demande que son application soit suspendue le temps que l'affaire soit examinée.
Mais si la décision du juge est confirmée, les stars recrutées par la Super League devraient retourner dans le championnat de l'ARL.
Le problème est que certains joueurs ont déjà choisi leur camp.
Ces joueurs annoncent qu'ils ne souhaitent pas retourner à l'ARL.
D'autres joueurs commencent même à envisager une solution radicale : changer de code et passer au rugby à XV.
Les huit clubs qui doivent rejoindre la Super League ne veulent pas non plus retourner dans le championnat de l'ARL.
Une réunion d'urgence est organisée à Sydney. Mais les représentants des huit clubs concernés ne s'y présentent pas.
Le président de l'ARL, Ken Arthurson, reconnaît même que le championnat australien pourrait être contraint de repousser son coup d'envoi.
Une nouvelle décision intervient ensuite.
Un jury fédéral composé de trois membres ordonne à News Ltd. de geler son projet jusqu'à la fin de 1996, le temps que l'affaire soit examinée en appel.
Le jury revient cependant en partie sur certaines mesures précédentes. Il considère que le statu quo doit être maintenu tant que l'affaire n'est pas définitivement réglée.
En revanche, l'interdiction concernant les joueurs de la Super League souhaitant évoluer en Angleterre n'est pas levée.
Pendant que les tribunaux se penchent sur l'affaire, l'ARL tente de préparer son propre championnat.
Ken Arthurson confirme que le championnat officiel doit commencer le 22 mars 1996.
Mais si les huit clubs maintiennent leur rupture, l'ARL pourrait commencer sa saison avec seulement 12 clubs.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er mars 1996 | Coup d'envoi prévu de la Super League. |
| Début 1996 | Le tribunal fédéral bloque le lancement du projet. |
| Appel | News Ltd. conteste la décision et demande un sursis. |
| Nouvelle décision | Le projet Super League est gelé jusqu'à la fin de 1996. |
| 22 mars 1996 | L'ARL prévoit le début de son championnat officiel. |
🏉 All Golds et pas All Blacks !

En 1907, une équipe de joueurs néo-zélandais décide de tenter une aventure qui va faire beaucoup parler dans le monde du rugby.
Ces joueurs sont des rugbymen de haut niveau, plusieurs étant titulaires des célèbres All Blacks.
Leur destination est le Nord de l'Angleterre. Leur objectif est de découvrir un rugby qui fait alors beaucoup parler de lui : le Rugby League, autrement dit le rugby à XIII.
Les Néo-Zélandais ne partent pas seuls.
Ils décident notamment d'intégrer à leur aventure Dally Messenger, présenté à l'époque comme le joueur international australien de rugby à XV le plus connu.
Pour les organisateurs du rugby traditionnel à XV, cette tournée pose immédiatement problème.
À cette époque, le rugby à XV défend encore très fortement le principe de l'amateurisme.
Pour faire simple, cela signifie qu'un joueur est censé jouer au rugby sans être rémunéré pour son activité sportive.
Or, la nouvelle Rugby League qui se développe dans le Nord de l'Angleterre fonctionne avec une approche différente du rapport entre les joueurs et l'argent.
Les fédérations du rugby à XV font donc tout leur possible pour empêcher cette tournée.
Malgré l'opposition, les joueurs décident de poursuivre leur projet.
Ils vont même autofinancer leur tournée.
Pour pouvoir rentrer dans leurs frais, ils négocient également un pourcentage sur les recettes réalisées en Angleterre.
Autrement dit, les joueurs prennent eux-mêmes le risque financier de l'aventure et espèrent récupérer une partie de l'argent généré par les matchs.
Les journalistes traditionnels vont alors leur donner un surnom qui restera dans l'histoire.
Au lieu de les appeler les All Blacks, ils les surnomment les « All Golds ».
Le surnom est évidemment ironique et montre à quel point cette tournée dérange les défenseurs du rugby traditionnel.
Malgré toutes les oppositions, les All Golds vont réussir leur pari.
La tournée en Angleterre rencontre un énorme succès.
Et cette réussite va avoir une conséquence particulièrement importante : l'aventure ne va pas s'arrêter en Angleterre.
Cette tournée australienne va jouer un rôle majeur dans l'installation du rugby à XIII en Australie.
Nous sommes alors en 1908.
Et dans cette nouvelle aventure, Dally Messenger va jouer un rôle important dans le développement du XIII australien.
En quelques mois, le rugby à XIII vient donc de franchir une étape essentielle : il ne se limite plus au Nord de l'Angleterre.
Il commence désormais à s'implanter dans un nouveau pays du Pacifique.
Curieusement, le lancement du rugby à XIII est plus compliqué dans le pays à l'origine de cette aventure.
La Nouvelle-Zélande ne va pas adopter immédiatement le nouveau code.
Et l'histoire prend une tournure particulièrement triste.
Sa disparition prive ainsi le mouvement néo-zélandais de celui qui avait porté cette extraordinaire aventure.
| Période | Ce qui se passe |
|---|---|
| 1907 | Des joueurs néo-zélandais partent en tournée dans le Nord de l'Angleterre. |
| 1907 | Ils découvrent le Rugby League et intègrent notamment Dally Messenger à leur aventure. |
| 1907 | Les fédérations de XV tentent de s'opposer à la tournée. |
| 1907 | Les joueurs autofinancent leur voyage et négocient une part des recettes. |
| 1907 | Les médias les surnomment les « All Golds ». |
| 1908 | La tournée en Australie contribue au lancement du rugby à XIII dans le pays. |
| 1908 | Albert Baskerville meurt de maladie lors du retour. |
🏉 Paul Barrière : l’homme qui sauva le XIII français

Paul Barrière est une figure majeure de l'histoire du rugby à XIII français. Il devient en 1947 le premier président de la Fédération française de Jeu à XIII après la guerre, fonction qu'il occupe jusqu'en 1955.
Mais avant de devenir président, Paul Barrière est avant tout un passionné de rugby, profondément marqué par son enfance dans l'Aude.
Dans sa jeunesse, Paul Barrière est nourri par les grandes heures de l'US Quillan, l'un des clubs emblématiques de l'Aude.
Il commence à jouer au rugby à XV en 1936, d'abord à Espéraza, puis à Carcassonne.
À cette époque, rien ne laisse encore penser qu'il deviendra l'un des personnages importants du rugby à XIII français.
Puis arrive la guerre.
Avec la guerre, Paul Barrière s'engage dans la Résistance.
C'est notamment pendant ses classes à Toulouse qu'il découvre le rugby à XIII.
Mais son engagement ne se limite pas au sport. Ses activités dans la Résistance deviennent particulièrement importantes.
C'est dans cette période qu'il noue des amitiés solides avec de nombreux résistants et acteurs de la vie locale.
Ces relations vont plus tard lui être très utiles lorsqu'il faudra faire renaître le rugby à XIII.
Pendant la période du gouvernement de Vichy, le rugby à XIII est interdit en France.
Les structures du XIII sont supprimées et le mouvement treiziste doit disparaître du paysage sportif français.
La Libération permet enfin d'envisager la reprise du rugby à XIII.
Le 16 septembre 1944, une réunion consacrée à la reprise du XIII se tient à l'Hôtel Régina à Toulouse.
Paul Barrière y participe après avoir été amené à cette réunion par Marcel Laborde.
Trois ans plus tard, son rôle devient encore plus important.
Le 2 juillet 1947, lors du congrès de Bayonne, Paul Barrière est élu président de la Fédération française de Jeu à XIII.
Après la guerre, la situation du rugby à XIII reste particulièrement compliquée.
Lorsque les autorités françaises réorganisent le sport, tous les sports sont convoqués à Paris… sauf le XIII.
Informé de la situation par la Fédération française de cyclisme, dont il est également vice-président, il prend sa voiture, une Traction Citroën, et part pour Paris afin de défendre la cause du XIII.
Quelques jours plus tard, il se présente au ministère.
On lui explique alors que sa démarche arrive trop tard.
Une condition lui est alors posée : pour que le dossier du XIII soit réexaminé, il doit obtenir le soutien de trois fédérations sportives.
| Fédération | Soutien |
|---|---|
| Cyclisme | ✅ |
| Tir à l'arc | ✅ |
| Jeu de paume | ✅ |
Grâce à ces trois soutiens, le dossier peut finalement être réexaminé.
Le rugby à XIII est alors réintégré dans le sport français.
Mais la réintégration se fait avec une condition qui va laisser une trace dans l'histoire du rugby français.
Le terme « Rugby » étant déjà associé au XV, le XIII doit accepter une autre appellation :
Pour Paul Barrière, l'essentiel est alors de permettre au mouvement treiziste de retrouver une existence officielle.
Paul Barrière va ensuite chercher à récupérer les biens et les moyens qui appartenaient au rugby à XIII avant son interdiction : argent, immeubles et stades.
C'est à ce moment qu'il découvre une difficulté majeure.
Une situation particulièrement paradoxale : le XIII est de nouveau autorisé à exister, mais la question de ses anciens biens reste extrêmement compliquée.
Malgré les difficultés de l'après-guerre, Paul Barrière ne se contente pas de reconstruire le XIII français.
Il participe également au développement international de la discipline.
La Coupe du monde est d'ailleurs tellement associée à son action qu'on lui propose qu'elle porte son nom.
Paul Barrière refuse.
Paul Barrière reste président jusqu'en 1955.
Avant le départ de la deuxième tournée française en Australie, il demande au comité directeur d'être déchargé de ses fonctions.
Il souhaite désormais se consacrer davantage à son métier d'organisateur de spectacles.
De 1947 à 1955, il accompagne la reconstruction et le développement du rugby à XIII après la guerre.
Après sa carrière à la tête du XIII français, Paul Barrière reste très actif dans le monde du spectacle.
De 1990 à 2004, il dirige notamment le Festival de la Cité de Carcassonne.
Le rugby et la culture restent ainsi deux fils conducteurs de sa vie.
🏉 Max Rousié, joueur de génie

Max Rousié, surnommé affectueusement « Maxou », est l'une des grandes figures du rugby français des années 1930.
Né le 18 juillet 1912 à Marmande, dans le Lot-et-Garonne, il va connaître une carrière particulière puisqu'il va jouer à la fois au rugby à XV et au rugby à XIII.
📏 Taille : 1,75 m
⚖️ Poids : 83 kg
🏉 Rugby : XV et XIII
Max Rousié commence au Club Athlétique Villeneuvois (CAV) à XV, où il joue principalement demi de mêlée.
Mais le demi de mêlée n'est pas son seul poste. Il peut également évoluer à l'ouverture, dans les lignes arrières, mais aussi en deuxième ou troisième ligne.
Autrement dit, Maxou est le genre de joueur capable de s'adapter à presque toutes les situations.
En juin 1934, le Club Athlétique Villeneuvois abandonne le rugby à XV pour passer au rugby à XIII.
Le club devient alors le Sport Athlétique Villeneuvois 13 (SAV.13).
Pour Max Rousié, cette transformation marque le début d'une nouvelle aventure. Il poursuit sa carrière à XIII avec le SAV.13, puis rejoint ensuite le RC Roanne XIII.
Quelques mois seulement après le passage du club au XIII, Max Rousié va participer à un événement historique.
En septembre 1934, il est le capitaine du SAV.13 lors de la première tournée d'un club français de rugby à XIII en Angleterre.
Première tournée d'un club français de XIII outre-Manche
Max Rousié est décrit comme un joueur rapide et puissant.
Il possède également une qualité très précieuse : un excellent coup de pied.
Cela lui permet d'être dangereux dans plusieurs secteurs du jeu. Il peut participer aux attaques, défendre, plaquer et également apporter des points grâce à son jeu au pied.
Parmi les hommages rendus à Max Rousié, celui de Jean Dauger est particulièrement fort.
Ce témoignage résume bien l'image laissée par Max Rousié : un joueur capable de tout faire sur un terrain, aussi bien à XV qu'à XIII.
Derrière le grand champion se cache cependant une histoire personnelle beaucoup plus difficile.
Le texte évoque les problèmes de Max Rousié avec l'alcool et son combat pour tenter de s'en sortir.
La disparition de Max Rousié ne fait pas disparaître son souvenir. Son nom reste profondément associé à l'histoire du rugby à XIII français.
Le principal hommage est particulièrement symbolique : le Bouclier Max Rousié, attribué au vainqueur du championnat de France de rugby à XIII.
Son nom est également donné à un stade et un gymnase à Paris.
À Villeneuve-sur-Lot, l'avenue qui conduit au stade R. De La Myre Mory porte également son nom.
| Date | Événement |
|---|---|
| 18 juillet 1912 | Naissance de Max Rousié à Marmande. |
| 1934 | Le club de Villeneuve-sur-Lot passe du XV au XIII. |
| Septembre 1934 | Max Rousié est capitaine du SAV.13 pour sa première tournée en Angleterre. |
| Après 1934 | Il poursuit notamment sa carrière au RC Roanne XIII. |
| 1959 | Il meurt dans un accident de voiture à Saint-Justin, dans les Landes. |
🏉 La folle époque de Jean Galia

Jean Galia, surnommé « Monsieur Jean », est considéré comme l'un des grands pionniers du rugby à XIII en France.
Né le 20 mars 1905 à Ille-sur-Têt, en Catalogne française, il commence pourtant sa carrière au rugby à XV. Joueur puissant et très sportif, il va progressivement devenir l'un des principaux artisans de l'arrivée du XIII dans l'Hexagone.
📍 Lieu : Ille-sur-Têt
🏉 Ancien international : rugby à XV
💪 Poste : deuxième ligne
🇫🇷 Rôle historique : pionnier du rugby à XIII français
Jean Galia est avant tout un sportif complet. Il mesure environ 1,80 m pour 85 kg et possède un physique impressionnant pour son époque.
Il ne se limite d'ailleurs pas au rugby. Il pratique également la boxe et l'aviron, avec le même goût pour l'effort et la compétition.
Dans les années 1920, Jean Galia rejoint l'US Quillan, un club qui va connaître une période exceptionnelle.
Sous la direction de Gilbert Brutus, Galia côtoie notamment Ernest Camo. Les trois hommes deviennent proches et partagent de nombreux déplacements pour les entraînements et les matchs.
Quillan atteint la finale du championnat de France en 1928, avant de remporter le titre en 1929 face au FC Lézignan, sur le score de 11 à 8.
Entre 1926 et 1931, Jean Galia porte à 19 reprises le maillot de l'équipe de France à XV.
Il affronte notamment l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande, le Pays de Galles, l'Allemagne et les équipes de Nouvelle-Galles du Sud.
Après avoir quitté Quillan, Jean Galia rejoint Villeneuve-sur-Lot. Il devient capitaine du Club Athlétique Villeneuvois, le CAV XV.
Mais ses relations avec certains dirigeants du rugby à XV deviennent difficiles. Une affaire concernant le joueur François Noguères provoque finalement sa radiation en 1933.
Cette sanction va paradoxalement changer le cours de sa vie.
À la fin de l'année 1933, Galia assiste à Paris à un match qui va le marquer profondément.
Au stade Pershing, devant environ 20 000 spectateurs, l'Australie affronte l'Angleterre à XIII.
Il est immédiatement séduit par la vitesse du jeu, les passes, les changements d'attaque et les espaces laissés aux joueurs.
Les Britanniques de la Rugby Football League connaissent Galia et lui font confiance pour lancer le XIII en France.
En quelques semaines, il rassemble des joueurs venus principalement du rugby à XV. Une sélection de 17 pionniers est constituée.
Galia est à la fois capitaine et manager de cette équipe, bientôt surnommée les « Galia's Boys ».
En mars 1934, les Français partent en Angleterre. Le niveau est très élevé et la vitesse du XIII les surprend.
| Date | Match | Résultat |
|---|---|---|
| 6 mars | Wigan | Défaite 30-27 |
| 8 mars | London Highfield | Défaite |
| 14 mars | Leeds | Défaite |
| 17 mars | Sélection de Rugby League, Warrington | Défaite 32-16 |
| 24 mars | Hull | Victoire 26-23 |
| Fin de tournée | Salford | Défaite 35-15 |
Malgré plusieurs défaites, cette tournée permet aux Français de découvrir concrètement le haut niveau du XIII britannique. Elle constitue surtout une étape essentielle pour installer le nouveau rugby en France.
Le 6 avril 1934, les statuts de la Ligue Française de Rugby à XIII sont déposés à Paris.
Quelques jours plus tard, le 15 avril, un France-Angleterre organisé au stade Buffalo attire une foule importante.
Jean Galia ne se contente pas de jouer. Il veut construire un véritable mouvement treiziste.
Il prend sa voiture et parcourt les routes de France pour convaincre joueurs, dirigeants et personnalités de rejoindre le XIII.
Il se rend notamment à Chalon-sur-Saône pour rencontrer Antonin Barbazange et à Oyonnax pour convaincre Charles Mathon.
Son énergie est considérable. En quelques années, le mouvement va connaître une croissance spectaculaire.
À Perpignan, Jean Galia retrouve notamment Marcel Laborde, avec lequel il va travailler malgré les anciennes rivalités.
Le 24 août 1934, une assemblée générale historique conduit l'Association Sportive Perpignanaise à quitter le rugby à XV.
L'activité de Jean Galia porte ses fruits. En octobre 1934, le premier championnat de France de rugby à XIII peut enfin commencer.
Dix clubs pionniers participent à cette première aventure :
🏉 Paris Rugby XIII
🏉 Union Sportive Lyon-Villeurbanne
🏉 Racing Club de Roanne
🏉 XIII Catalan
🏉 Racing Club Albigeois
🏉 Sport Athlétique Villeneuvois XIII
🏉 Pau XIII
🏉 Côte Basque XIII
🏉 Bordeaux XIII
🏉 Stade Olympique Biterrois
Le nouveau rugby rencontre cependant un problème très concret : où jouer ?
Dans plusieurs villes, les treizistes rencontrent des difficultés pour accéder aux installations sportives.
À Perpignan, les dirigeants vont jusqu'à aménager rapidement un terrain pour pouvoir accueillir une équipe anglaise.
Le terrain est encore poussiéreux et balayé par la tramontane. Les Catalans encaissent 52 points, mais l'accueil du public et la recette de 52 000 francs donnent du courage aux pionniers.
La première saison du championnat s'achève en 1934-1935.
Le titre est attribué aux points et ce sont les Villeneuvois de Jean Galia, capitaine-entraîneur, qui deviennent les premiers champions de France.
Premier champion de France de rugby à XIII
La saison suivante, de nouveaux clubs rejoignent le mouvement, notamment Narbonne, Brive, Cavaillon et Carcassonne.
Le XIII Catalan atteint la finale après avoir battu Roanne 14-12 en demi-finale.
En finale, disputée au Parc de Suzon à Bordeaux devant 20 000 spectateurs, le XIII Catalan affronte Bordeaux.
En seulement quelques années, le rugby à XIII est devenu une réalité dans le paysage sportif français.
Des clubs sont créés, des championnats sont organisés, les stades commencent à se remplir et les rencontres internationales attirent le public.
Le succès grandissant du XIII ne plaît pas à tout le monde. Le texte source décrit une opposition importante de la Fédération Française de Rugby à XV.
Des difficultés apparaissent autour de l'utilisation des terrains, alors que les treizistes cherchent à développer leurs clubs dans plusieurs régions.
Malgré ces obstacles, le mouvement continue de grandir jusqu'à l'interdiction du rugby à XIII à la fin de l'année 1940, sous le régime de Vichy.
Jean Galia possède également un véritable talent pour les affaires. Installé à Toulouse dans les années 1940, il devient notamment propriétaire d'une chaîne de cinémas.
Il devient également président de l'Olympique de Toulouse, qui atteint à deux reprises la finale du championnat de France, en 1945 et 1946.
Pour comprendre l'histoire du rugby à XIII français, il est difficile de passer à côté de Jean Galia.
Ancien international à XV, sportif complet, homme d'affaires et surtout organisateur infatigable, il joue un rôle central dans les débuts du XIII français.
Avec Victor Breyer et les autres pionniers de cette aventure, il contribue à faire connaître ce nouveau rugby et à créer les premières structures permettant son développement.
| Date | Événement |
|---|---|
| 20 mars 1905 | Naissance de Jean Galia à Ille-sur-Têt. |
| 1926-1931 | Il évolue notamment avec l'US Quillan et devient international français à XV. |
| 1929 | Champion de France avec l'US Quillan. |
| 1933 | Il découvre le rugby à XIII et assiste au match Australie-Angleterre à Paris. |
| Mars 1934 | Les « Galia's Boys » effectuent leur première tournée en Angleterre. |
| 6 avril 1934 | Dépôt des statuts de la Ligue Française de Rugby à XIII. |
| 24 août 1934 | Naissance du XIII Catalan. |
| Octobre 1934 | Début du premier championnat de France de rugby à XIII. |
| 1934-1935 | Villeneuve-sur-Lot remporte le premier championnat. |
| 1935-1936 | Le XIII Catalan devient champion de France. |
| 1940 | Le rugby à XIII est interdit sous le régime de Vichy. |
MES ANCIENS ARTICLES INTEMPORELS
- 🏉 Sociologie du rugby à XIII
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