
En 1995, le rugby à XIII français tente une expérience originale. À l’origine du projet : Jacques Fouroux, ancien capitaine et sélectionneur du XV de France.
Fouroux décide de quitter le monde du rugby à XV et de se lancer dans le XIII. Son idée est ambitieuse : créer une nouvelle compétition française, plus spectaculaire et plus accessible au grand public.
mélanger rugby, spectacle, musique, sponsors et grandes régions françaises pour attirer un nouveau public.
Le projet prend le nom de France Rugby League.
La compétition doit se jouer pendant l'été 1995 et les entrées dans les stades sont prévues comme étant gratuites.
Fouroux veut proposer un rugby qui soit, selon sa vision, spectaculaire et facile à comprendre.
Il souhaite notamment s'inspirer de ce qui se fait en Grande-Bretagne, en Australie et aux États-Unis : des équipes identifiées par leur région, des sponsors, du spectacle autour des matchs et une organisation plus proche du sport professionnel.
Le projet prévoit également des matchs découpés en quatre périodes, à la manière de certains sports américains, ainsi qu'une plus grande utilisation des joueurs pendant les rencontres.
L'objectif est clair : rendre les matchs plus dynamiques et proposer un véritable spectacle au public.
Le projet prévoit initialement des équipes représentant les différentes régions françaises. Le document de présentation cite notamment :
| Région | Équipe |
|---|---|
| Provence | Avignon-Provence |
| Aquitaine | Bordeaux-Aquitaine |
| Aude | Carcassonne-Aude |
| Rhône-Alpes | Lyon-Rhône-Alpes |
| Méditerranée | Marseille-Méditerranée |
| Île-de-France | Paris-Île-de-France |
| Catalogne | Catalogne-Perpignan-Roussillon |
| Midi-Pyrénées | Toulouse-Midi-Pyrénées |
La première édition de France Rugby League a lieu pendant l'été 1995.
Et cette première expérience rencontre un important succès populaire et médiatique, selon le récit fourni dans l'article.
La finale doit initialement se jouer à Béziers, mais elle se déroule finalement à Carcassonne.
Pour le rugby à XIII français, c'est une belle vitrine : une compétition nouvelle, du spectacle et une exposition télévisée importante.
L'expérience est renouvelée l'année suivante.
Mais cette deuxième édition connaît beaucoup moins de succès.
Le projet de Jacques Fouroux est annoncé dès novembre 1994, avant le lancement de France Rugby League.
Dans un article publié par L'Humanité le 8 novembre 1994, le journaliste présente le projet comme une tentative de transformer profondément le rugby à XIII français.
Fouroux annonce alors vouloir créer une compétition professionnelle regroupant des équipes représentant les régions françaises.
Dans son projet initial, les sponsors doivent être associés aux équipes, un peu comme cela existe dans le cyclisme professionnel.
Fouroux ne veut donc pas seulement changer la compétition. Il veut aussi changer la manière de présenter le rugby au public.
Son projet mélange plusieurs ingrédients :
L'idée de la gratuité des entrées est également centrale dans le projet, même si son financement doit encore être précisé.
C'est l'une des grandes questions qui se posent alors.
Fouroux annonce principalement des financements privés et la présence de sponsors.
Il explique également que la nouvelle structure pourrait prendre une participation majoritaire dans les équipes régionales afin d'assurer leur stabilité dans le temps.
Le projet doit encore trouver son modèle économique.
Fouroux ne cache pas non plus son ambition de faire venir certains joueurs du rugby à XV vers le XIII.
Il explique avoir présenté son projet à plusieurs joueurs et leur laisse la porte ouverte s'ils souhaitent rejoindre cette nouvelle aventure.
attirer de nouveaux talents et donner davantage de visibilité au rugby à XIII en France.
Mais le contexte français reste compliqué. Le XIII dispose de moyens financiers et d'une exposition télévisée beaucoup plus limités que le rugby à XV.
L'article de L'Humanité adopte un ton très critique envers Jacques Fouroux et son projet.
Le journal présente notamment son arrivée dans le XIII comme une rupture spectaculaire avec son ancienne carrière dans le XV.
Il s'interroge également sur la faisabilité économique d'une compétition reposant sur des entrées gratuites, des sponsors et des investissements privés.