
Paul Barrière est une figure majeure de l'histoire du rugby à XIII français. Il devient en 1947 le premier président de la Fédération française de Jeu à XIII après la guerre, fonction qu'il occupe jusqu'en 1955.
Mais avant de devenir président, Paul Barrière est avant tout un passionné de rugby, profondément marqué par son enfance dans l'Aude.
Dans sa jeunesse, Paul Barrière est nourri par les grandes heures de l'US Quillan, l'un des clubs emblématiques de l'Aude.
Il commence à jouer au rugby à XV en 1936, d'abord à Espéraza, puis à Carcassonne.
À cette époque, rien ne laisse encore penser qu'il deviendra l'un des personnages importants du rugby à XIII français.
Puis arrive la guerre.
Avec la guerre, Paul Barrière s'engage dans la Résistance.
C'est notamment pendant ses classes à Toulouse qu'il découvre le rugby à XIII.
Mais son engagement ne se limite pas au sport. Ses activités dans la Résistance deviennent particulièrement importantes.
C'est dans cette période qu'il noue des amitiés solides avec de nombreux résistants et acteurs de la vie locale.
Ces relations vont plus tard lui être très utiles lorsqu'il faudra faire renaître le rugby à XIII.
Pendant la période du gouvernement de Vichy, le rugby à XIII est interdit en France.
Les structures du XIII sont supprimées et le mouvement treiziste doit disparaître du paysage sportif français.
La Libération permet enfin d'envisager la reprise du rugby à XIII.
Le 16 septembre 1944, une réunion consacrée à la reprise du XIII se tient à l'Hôtel Régina à Toulouse.
Paul Barrière y participe après avoir été amené à cette réunion par Marcel Laborde.
Trois ans plus tard, son rôle devient encore plus important.
Le 2 juillet 1947, lors du congrès de Bayonne, Paul Barrière est élu président de la Fédération française de Jeu à XIII.
Après la guerre, la situation du rugby à XIII reste particulièrement compliquée.
Lorsque les autorités françaises réorganisent le sport, tous les sports sont convoqués à Paris… sauf le XIII.
Informé de la situation par la Fédération française de cyclisme, dont il est également vice-président, il prend sa voiture, une Traction Citroën, et part pour Paris afin de défendre la cause du XIII.
Quelques jours plus tard, il se présente au ministère.
On lui explique alors que sa démarche arrive trop tard.
Une condition lui est alors posée : pour que le dossier du XIII soit réexaminé, il doit obtenir le soutien de trois fédérations sportives.
| Fédération | Soutien |
|---|---|
| Cyclisme | ✅ |
| Tir à l'arc | ✅ |
| Jeu de paume | ✅ |
Grâce à ces trois soutiens, le dossier peut finalement être réexaminé.
Le rugby à XIII est alors réintégré dans le sport français.
Mais la réintégration se fait avec une condition qui va laisser une trace dans l'histoire du rugby français.
Le terme « Rugby » étant déjà associé au XV, le XIII doit accepter une autre appellation :
Pour Paul Barrière, l'essentiel est alors de permettre au mouvement treiziste de retrouver une existence officielle.
Paul Barrière va ensuite chercher à récupérer les biens et les moyens qui appartenaient au rugby à XIII avant son interdiction : argent, immeubles et stades.
C'est à ce moment qu'il découvre une difficulté majeure.
Une situation particulièrement paradoxale : le XIII est de nouveau autorisé à exister, mais la question de ses anciens biens reste extrêmement compliquée.
Malgré les difficultés de l'après-guerre, Paul Barrière ne se contente pas de reconstruire le XIII français.
Il participe également au développement international de la discipline.
La Coupe du monde est d'ailleurs tellement associée à son action qu'on lui propose qu'elle porte son nom.
Paul Barrière refuse.
Paul Barrière reste président jusqu'en 1955.
Avant le départ de la deuxième tournée française en Australie, il demande au comité directeur d'être déchargé de ses fonctions.
Il souhaite désormais se consacrer davantage à son métier d'organisateur de spectacles.
De 1947 à 1955, il accompagne la reconstruction et le développement du rugby à XIII après la guerre.
Après sa carrière à la tête du XIII français, Paul Barrière reste très actif dans le monde du spectacle.
De 1990 à 2004, il dirige notamment le Festival de la Cité de Carcassonne.
Le rugby et la culture restent ainsi deux fils conducteurs de sa vie.